Le bonheur au travail au Maroc : Une réalité préoccupante

L'équipe Jobzyn - 18 mars 2025

Le bonheur au travail au Maroc : Une réalité préoccupante

Le bien-être au travail n'est plus un luxe ou un simple bonus : c'est un véritable enjeu pour la performance des entreprises et l'épanouissement des employés. Un salarié heureux est plus motivé, plus productif et plus fidèle à son entreprise. Pourtant, au Maroc, les chiffres montrent que le bonheur au travail reste un défi de taille.

Seuls 18 % des professionnels marocains se disent heureux dans leur emploi, contre plus de 50 % auparavant en 2018. Entre stress quotidien, manque de reconnaissance et équilibre vie pro/perso fragile, nombreux sont ceux qui cherchent un nouveau poste dans l'espoir de trouver mieux.

Pourquoi ce malaise grandissant ? Quels sont les leviers d'amélioration pour les entreprises ? Comment replacer l'humain au cœur du travail ? Décryptage d'une réalité qui concerne tous les acteurs du marché de l'emploi marocain.


Quand le travail ne rime plus avec épanouissement

Le constat est brutal : 69 % des travailleurs marocains cherchent activement un autre emploi. Un record dans la région MENA, juste derrière les Émirats Arabes Unis. Et pour cause, seulement 14 % des salariés se sentent engagés dans leur travail, d'après le rapport Gallup MENA Insights, un taux inférieur à la moyenne mondiale (23 %).

Derrière ces chiffres se cachent des réalités humaines lourdes :

  • 45 % des employés ressentent du stress quotidiennement.
  • 34 % des salariés déclarent se sentir en colère chaque jour au travail.
  • 29 % des travailleurs avouent ressentir de la tristesse au travail, signe d'un profond mal-être professionnel.

Le phénomène des "micro-carrières", où les employés changent d'emploi régulièrement faute d'épanouissement, prend de l'ampleur. Seuls 14 % des Marocains sont restés dans le même emploi depuis le début de leur carrière, un chiffre qui en dit long sur l'instabilité professionnelle.


Pourquoi les Marocains sont-ils aussi malheureux au travail ?

Le problème ne vient pas de nulle part. Plusieurs facteurs clés expliquent cette insatisfaction généralisée :

1. Un salaire qui ne suit pas

On ne va pas se mentir : l'argent est un facteur clé du bonheur au travail. Et au Maroc, 31 % des employés quittent leur poste pour un meilleur salaire. Avec un coût de la vie en hausse et des augmentations souvent faibles, beaucoup se sentent sous-estimés.

2. Un management déconnecté des réalités

Avoir un bon manager peut tout changer. Mais au Maroc, seuls 26 % des employés estiment que leur supérieur soutient leur bien-être mental. Pire encore, 45 % des travailleurs ne se sentent pas à l'aise de parler de stress avec leur hiérarchie. Un management autoritaire, un manque de reconnaissance et une absence d'écoute sont souvent pointés du doigt.

3. Une charge de travail excessive

L'équilibre entre vie professionnelle et personnelle est un mirage pour de nombreux salariés. 57 % des employés déclarent vouloir quitter leur travail à cause des horaires trop lourds et du manque de flexibilité. Si la pandémie avait ouvert la porte au télétravail, seulement 5 % des Marocains souhaitent travailler 100 % à distance, contre 49 % qui préfèrent le présentiel. La raison ? Beaucoup n'ont pas un environnement adapté pour travailler chez eux, mais cela ne signifie pas qu'ils acceptent l'hyperprésentéisme en entreprise.

4. Un manque de perspectives d'évolution

Rien de pire que de se sentir coincé dans un emploi sans avenir. 35 % des travailleurs estiment qu'il est difficile de trouver une meilleure opportunité, ce qui renforce leur sentiment de stagnation. Les promotions ne sont pas toujours justifiées par l'atteinte d'objectifs concrets, et cela accentue la frustration générale.


Le poids du mal-être au travail : un problème sous-estimé

Au-delà des chiffres, c'est une véritable crise du bien-être au travail qui se joue. 69 % des entreprises marocaines n'ont aucune politique de soutien à la santé mentale de leurs employés. Résultat ? Beaucoup souffrent en silence, jusqu'au burn-out ou à la démission silencieuse ("quiet quitting"), où l'on reste en poste mais en faisant le strict minimum.


Quelles solutions pour redonner le sourire aux travailleurs marocains ?

Les entreprises marocaines doivent agir sans tarder, car le bien-être des salariés est un enjeu majeur pour attirer, fidéliser les talents et assurer une performance durable. Face aux défis identifiés, voici quelques pistes pour amorcer le changement :

  • Établir des grilles salariales claires : Un employé satisfait financièrement est un employé plus motivé.
  • Former les managers : Un bon leader sait écouter et motiver, pas seulement donner des ordres.
  • Offrir plus de flexibilité : Respecter l'équilibre vie pro/perso est un facteur clé de rétention.
  • Créer un environnement de travail sain : Plus de reconnaissance et de transparence.
  • Prendre au sérieux la santé mentale : Mettre en place des programmes de bien-être et de prévention du stress.


Conclusion : Un changement de mentalité s'impose

Le Maroc est à la croisée des chemins. Les travailleurs n'acceptent plus d'être malheureux dans leur job, et les entreprises qui ne prennent pas en compte cette réalité risquent de le payer cher. Loin d'être une simple tendance RH, le bonheur au travail est devenu un véritable enjeu économique et social.

Chez Jobzyn, nous façonnons un marché où talents et entreprises se rencontrent autour de valeurs communes. En mettant en avant des employeurs engagés et en aidant les candidats à trouver des environnements où ils peuvent s'épanouir, nous contribuons à un monde du travail plus équilibré et motivant.

Le changement est en marche, et nous avons tous un rôle à jouer.


Sources :

  • Statista – Pays les plus stressés au monde
  • Hespress – Faible satisfaction et forte recherche d'emploi au Maroc (Gallup)
  • Le Matin – 18 % des actifs marocains heureux au travail (ReKrute)
  • Michael Page Africa – La santé mentale au travail au Maroc
  • Le Brief – Le salarié marocain est-il heureux ?
  • FNH – L'emploi au Maroc : le présentiel privilégié
  • ICAA – 44 % des employés dans le monde ressentent du stress quotidiennement
  • BusinessTech – Les employés sud-africains parmi les plus heureux du monde
  • Le Brief – La santé mentale au travail, un sujet oublié