L’IA et la Créativité : Génie ou Imposteur ?
Okbi Mouncif - 21 mars 2025

L’IA et la Créativité : Génie ou Imposteur ?
Le Regard d’Okbi Mouncif
Okbi Mouncif - Directeur de Création chez Publicis-WBC
L’intelligence artificielle va-t-elle tuer la créativité humaine ou, au contraire, la propulser à un niveau supérieur ? Sommes-nous à l’aube d’une ère où les artistes, les designers et les stratèges seront remplacés par des algorithmes ? Ou bien l’IA est-elle simplement un nouvel outil au service de l’imagination humaine ?
Pour en parler, nous avons rencontré Okbi Mouncif, directeur de création chez Publicis-WBC. Entre opportunités et inquiétudes, il nous livre sa vision de l’IA dans les métiers créatifs et partage avec nous ses réflexions sur le rôle qu’elle jouera dans l’avenir de la création.
1. L’IA : Une révolution ou une évolution ?
Lorsqu’on demande à Okbi Mouncif s’il perçoit l’IA comme un bouleversement radical, il nuance immédiatement :
« Beaucoup de gens voient l’IA comme une révolution qui va changer tous les rythmes, mais moi je la considère plutôt comme une évolution. Même si elle va transformer le marché du travail, elle va surtout élever les gens. C’est un outil qui stimule notre créativité et qui nous ramène à ce qui définit l’être humain : la résilience, la créativité et la capacité à rêver. »
2. L’IA : Un danger pour les métiers créatifs ?
Les premiers impactés par l’IA générative ont été les métiers de la communication et du graphisme. Certains créatifs ont vu dans ces outils une menace directe.
« Au début, les gens ont perçu l’IA comme un danger. Les graphistes, en particulier, ont eu peur que ça remplace leur travail. Ils se sont dit : 'Si une IA peut générer une image ou une vidéo en quelques secondes, pourquoi aurait-on besoin de nous ?' »
Mais pour Okbi Mouncif, l’IA ne remplace pas la créativité, seulement la technique :
« Quand on utilise l’IA pour générer une image, elle ne remplace pas le graphiste. Elle remplace seulement la partie technique du travail, celle qui consiste à exécuter une tâche. Le rôle du créatif, lui, devient encore plus important : il doit penser, conceptualiser et donner du sens. »
3. Comment l’IA transforme le processus créatif ?
Chez Publicis-WBC, Okbi Mouncif et son équipe utilisent déjà l’IA au quotidien pour accélérer la production et affiner les concepts créatifs.
« Avant, pour présenter une idée à un client, il fallait préparer un storyboard dessiné à la main. Ensuite, on est passé au digital. Aujourd’hui, on peut générer une animation complète avec son et image, ce qui immerge le client dans notre vision dès le début. »
Il utilise notamment ChatGPT pour organiser ses idées et structurer ses réflexions :
« J’utilise ChatGPT pour organiser mes pensées, pour m’aider à lire et réfléchir intelligemment, et pas juste pour écrire un texte. Il me permet de challenger mes idées et de tester rapidement si un concept tient la route. »
4. L’IA est-elle une menace pour la réflexion humaine ?
Avec l’accès rapide à une quantité infinie d’informations, ne risque-t-on pas de perdre notre capacité à penser par nous-mêmes ?
Okbi Mouncif reconnaît ce danger, mais souligne que tout dépend de la manière dont on utilise ces outils :
« L’IA peut nous rendre plus intelligents, mais aussi plus paresseux si on l’utilise mal. C’est pour ça qu’il est essentiel de continuer à entraîner notre cerveau, à confronter nos idées entre nous. Dans mon équipe, on fait encore des brainstormings sans IA, juste avec un tableau et des idées. »
5. Conclusion : L’IA, un tremplin pour les créatifs
En fin de compte, l’IA ne signe pas la fin de la créativité humaine, mais transforme la manière dont nous concevons et produisons nos idées.
Okbi Mouncif insiste sur l’importance d’adopter ces outils avec intelligence et discernement :
« Beaucoup de gens pensent que l’IA va remplacer leur métier, mais je tiens vraiment à insister sur ce point : l’IA ne remplace pas l’humain, elle lui donne un tremplin pour s’élever encore plus haut. Elle lui permet d’être plus humain, de se focaliser sur ce qui le rend vraiment épanoui, et d’éviter toutes ces tâches répétitives qu’il devait faire avant. »